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Les médecines non conventionnelles s’invitent à l’hôpital


Rédigé le Mercredi 31 Août 2016 à 23:10 | Lu 11 commentaire(s)


Du qi gong sur les pelouses, des huiles essentielles dans les couloirs et des « coupeurs de feu » au bout du fil : à l’hôpital, temple de la biomédecine, les médecines non conventionnelles sont présentes, avec plus ou moins de discrétion, à tous les étages. Ces soins « alternatifs », peu ou pas reconnus par les autorités de santé, mais qui font leurs preuves dans la pratique, entrent par la petite porte.


 C’est amusant, constate Alain Baumelou, néphrologue à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, si vous cherchez un acupuncteur dans le registre de l’hôpital, rien. Par contre, plusieurs médecins le pratiquent dans différents services. »
En 2015, 6 115 médecins français ont déclaré un titre ou une orientation de médecine alternative et complémentaire, selon l’ordre des médecins. Un sur cinq exerce à l’hôpital.
L’acupuncture est un bon cas d’école. Cette pratique consiste à stimuler des points d’énergie en piquant de fines aiguilles à la surface de la peau. Issue de la médecine traditionnelle chinoise, elle est utilisée notamment pour soulager les douleurs chroniques, lutter contre le stress ou encore les troubles du sommeil.
Enseignée dans plusieurs diplômes universitaires (DU) en France, elle a fait l’objet d’un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Mais l’étude ne se prononce pas sur son efficacité selon les critères scientifiques classiques : « L’évaluation des thérapeutiques dites non conventionnelles est en général rendue difficile voire impossible du fait d’un manque de données. »
Plusieurs soignants franchissent le pas malgré tout. « J’ai été fasciné par le fait de pouvoir faire quelque chose pour soulager les patients », témoigne par exemple Carmelo Maniaci, anesthésiste au CHU de Lyon. Il achève un DU à Paris et utilise déjà les aiguilles, notamment pour contrer l’anxiété préopératoire, ou encore pour pallier les pertes de sensibilité de ses patients : « C’est tellement efficace que j’aimerais m’y consacrer au moins la moitié du temps, car actuellement l’offre [dans mon service] n’est pas standardisée. »
En matière de soins non conventionnels, le cas par cas persiste en effet, dépendant de l’approche d’un chef de service ou d’un changement de direction au sein de l’hôpital. Surtout, c’est la demande des patients qui pousse à envisager d’autres solutions.
Patrice Cohen, anthropologue et coauteur de Cancer et pluralisme thérapeutique, une enquête sur l’usage des soins non conventionnels, note aussi « l’influence des médias, des familles ou encore des soignants charismatiques », qui encouragent l’introduction de certains protocoles.

Lire la suite sur le Monde Santé du 31/08/16



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