Menu

La gauche veut-elle détruire la médecine libérale ?


Rédigé le Mercredi 1 Février 2017 à 09:12 | Lu 46 commentaire(s)


Sud Radio émission du 31 Janvier: 18h/19h “Moi Président” A.Bercoff et B.Kron


Les 35 h ont mené le système de soins dans le mur car les jeunes générations de médecins hommes et femmes confondus veulent aussi une meilleure qualité de vie. L’aile gauche des socialistes n’accepte pas le monde capitaliste et veut le transformer progressivement sans quitter le vieux rêve révolutionnaire communiste. Benoit Hamon reste fidèle à la doctrine progressite, il veut parfaire la destruction de la médecine libérale avec toujours plus d’État et diviser le gâteau du travail en réduisant encore le temps.

LES OBJECTIFS DE BENOIT HAMON :

C’est le règne d’Ubu « les tarifs sont tellement bas que la qualité n’est plus au rendez- vous.» Déserts et listes d’attente vont progresser… Ces primaires furent l’escalade ubuesque des surenchères pour la santé : le gagnant n’est pas le plus lucide ni le plus réaliste sur les mesures à prendre !

I) Donner une meilleure couverture à tous :

On a tout entendu : “mieux rembourser les soins dentaires, l’optique et l’audition”, “GENERIQUER TOUS LES MÉDICAMENTS POUR BAISSER LES PRIX.”, “Généraliser les complémentaires” pour supprimer « le reste à charge et tout rembourser  ». Le reste à charge des dépenses de soins a été en moyenne en 2016 de 509€ par Français pour un budget moyen annuel DE DÉPENSES SANTÉ d’environ 3 000€. “Il faut interdire les dépassements”.

Cela a été l’escalade de la démagogie du « soft totalitarisme socialiste » qui interdit l’élitisme au profit de la « médiocratie » ! Cette « pseudo gratuité » coûterait d’ailleurs très cher aux citoyens et à L’État. Quel était l’objectif de la Sécu en 1945? Donner un accès aux soins et couvrir les risques des maladies : c’était nécessaire et pouvait permettre de continuer de rembourser plus pendant les 30 glorieuses : avec six millions de chômeur ce modèle est moribond.

De plus le vieillissement et ses conséquences ne sont pas un aléa mais ils sont inéluctables avec l’allongement de l’espérance de vie. Vouloir couvrir ce risque et tout rembourser sans reste à charge est donc utopique et une escroquerie intellectuelle !

II) Détruire la médecine libérale considérée à tort comme dépensière:

Cette volonté est une réalité depuis que le 24 Avril 2015 Brigitte Dormont instigatrice de la Loi Santé 2016 déclarait : « La mise en œuvre du tiers payant généralisé prévu dans la loi sera synonyme de « la mort annoncée de la médecine libérale » ce qui, « d’une certaine manière [Sic] est une bonne chose » : Brigitte Dormont ajoutait que la médecine de ville est « complètement incompatible avec un système de santé comme le nôtre ».  Avec les propositions du candidat on va continuer la dégringolade!
De 1ère place à 24ème en 30 ans au classement OMS et pour la première fois une baisse de l’espérance de vie ! Le vainqueur est sur la même longueur d’onde que Marisol Touraine : Détruire sans le dire la médecine libérale.

III) Lutter contre la pénurie de médecins généralistes et les déserts par des mesures qui seront contre productives :

La situation : les jeunes générations de médecins (70% de femmes en faculté) veulent exercer leur métier autrement, notamment, en ne négligeant pas leur qualité de vie professionnelle et personnelle. “Où va travailler mon conjoint ? Est-ce que j’aurai une école pour mes enfants, quels magasins sont à proximité ?” (En savoir plus)
Quelques chiffres :
  • En un an, près de 5 000 praticiens libéraux supplémentaires de la génération du baby-boom ont fait valoir leurs droits à la retraite (ils étaient 57 700 en juin 2016). Le nombre de médecins de ville retraités a bondi de 56 % en six ans pour atteindre 62 490 en juillet 2016, selon les derniers chiffres de la Caisse autonome de retraite des médecins de France (CARMF).
    Selon la CARMF, le nombre de praticiens retraités continuera à fortement augmenter dans les dix prochaines années car la très grande majorité des cotisants en activité (55 000, hommes et femmes confondus) sont âgés de 55 à 64 ans.
  • Les praticiens en exercice sont âgés de 56 ans en moyenne pour les hommes, contre 50 ans pour les femmes.
  • La féminisation de la profession ne se dément pas avec 58 % de femmes chez les moins de 40 ans.
  • 25% des nouveaux inscrits sont de diplôme étranger dont la qualité est des plus variable.
Réponse du candidat : des mesures de contraintes « à la Soviétique »:
  1. Fin de la liberté d’installation : Obliger à s’installer dans les zones défavorisées en aggravant la dictature de l’administration et des ARS : donner le pouvoir aux ARS de répartir les médecins.
  2. Salariat dans les réseaux de soins
  3. Interdire les dépassements et suppression du secteur II
  4. Obliger à un service civil dans les zones sous dotées : or les MG le font déjà à l’hôpital avec la prolongation d’un an de l’Internat qui durera 4 ans avec un salaire qui commence à 1 200€/MOIS
  5. Pour pallier au manque de médecins pourquoi ne pas faire appel aux vétérinaires ?– Proposition de l’adjointe au pôle santé du maire de Dijon. Françoise Tenenbaum, proposition prise avec “humour” par les médecins et jugée “irréaliste” par les vétérinaires. “J’ai réfléchi à la problématique dans laquelle nous sommes, notamment en Bourgogne, où il y a des déserts médicaux, et je me suis rendu compte qu’il y avait des vrais médecins dans les territoires, ce sont les vétérinaires, qui peuvent intervenir en urgence”, a déclaré l’élue socialiste. “Je pense qu’il y a un champ de travail, mais il faudrait définir une passerelle de formation et cadrer la mission de ces vétérinaires. Surtout, ce ne serait pas à la place du médecin mais en l’attendant”, a précisé Françoise Tenenbaum. Cette idée provoque l’effarement des élus de l’Union Régionale des Professionnels de Santé de Bourgogne (URPS) : « Une pareille désinvolture pour les patients et les professionnels, et une telle méconnaissance des spécificités de ces deux professions sont navrantes ! ». Elle pose le problème du sérieux de la Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie » (CRSA), instance de l’ARS. Les chirurgiens, eux, ont préféré ajouter à leur indignation une dose d’humour noir. Dans une vidéo intitulée « On achève bien les chevaux », l’Union des Chirurgiens De France (UCDF) raille les idées lumineuses de la classe politique et pose une question : « Humour noir / Imaginons que Madame T. tombe et se casse le col du fémur dans une région sous-médicalisée ? Eh bien, le traitement qu’administrent les vétérinaires sur un tel traumatisme pour un cheval de course est… l’euthanasie. »
  6. Suppression du numerus clausus pour augmenter le nombre de médecins : Utopie ! La situation : fixé à sa création à 8 591 pour l’année 1972, le numerus clausus a énormément fluctué. Le nombre d’étudiants admis en 2e année a d’abord chuté à 6 409 en 1980. Ce nombre s’effondre ensuite et passe à 5 000 en 1983 puis à moins de 4 500 en 1986. Il continue progressivement de baisser pour atteindre son étiage le plus bas à 3 500 en 1992… À compter de cette date, le numerus clausus a progressivement été relevé à 4 100 en 2001, 4 700 l’année suivante, 6 200 en 2005, 7 000 en 2006 pour arriver au seuil de 7 676 en 2016.  Solutions proposées : L’Augmentation du numerus clausus ou sa suppression. C’est utopique car il faut 12 ans pour former un MG et beaucoup préfèrent faire des remplacements (Plus de 10 000) que de s’installer.
  7. Des mesures incitatives à l’installation : 40 000€ en zones sous dotées UTOPIE. Ce n’est pas parce qu’on donnera 40 000 euros à un médecin désireux de travailler en ville qu’il ira s’installer au fin fond d’un département rural », explique Emilie Frelat, la présidente du Syndicat national de jeunes médecins généralistes (SNJMG).
  8. La création de maisons médicales: Bonne idée mais coûteuse. Beaucoup sont désertes en dehors de quelques exceptions faute de candidats. Elles regrouperaient plusieurs spécialités et différents personnels de santé (personnel infirmier, médecins généralistes et spécialistes, kinésithérapeutes…) afin de favoriser une meilleure coordination ainsi qu’un accès plus simple. On se heurte LA AUSSI aux mêmes problème : la pénurie de médecins.
  9. Les réseaux et les centres de soins mutualistes : TROP COUTEUX. Bon marché peu efficient mais très chers pour la société. Des mutuelles ont déjà créé leur réseau depuis plusieurs années. Ils intègrent surtout des chirurgiens dentistes, des opticiens et des spécialistes de l’audition, offrant aux patients des lunettes et des prothèses de qualité souvent médiocre mais à des prix largement inférieurs à ceux du marché.  En Île de France ils sont déficitaires avec plus de 11 millions de pertes et 22 millions de besoins financiers pour poursuivre. Les praticiens sont salariés peu efficient voire peu compétents !
  10. Les officiers de santé et les infirmières cliniciennes : Donner aux infirmières le grade de Master et les mettre dans les maisons de l’avant près de l’hôpital. Ce serait le retour des officiers de santé ! Comme en 14/18

IV) Développer le tout hôpital :

Ce serait trop coûteux et des milliers de postes ne sont déjà pas pourvus! Un hôpital disposant de moyens techniques satisfaisants pour chaque ville de plus de 30000 habitants est pure utopie. Il n’y a pas assez de spécialistes pour assurer une telle permanence. Le recrutement massif de personnels de santé dans le secteur hospitalier est une volonté que l’on ne peut pas satisfaire compte tenu du Numerus clausus des 35h et du coût ! C’est donc une idée folle : La politique hospitalière des candidats révèle une autre ligne de partage avec les libéraux. La bonne solution : et c’est la seule : Raccourcir le cursus de MG en formant les MG en 7 à 8 ans comme à l’époque de l’Externat et de l’Internat sur concours!

v) Lutter contre le Déficit de la Sécu et résorber la dette sociale n’est pas au programme:

  1. Une ardoise : la dette sociale accumulée atteint 200 milliards d’euros. 15 milliards d’euros sont chaque année consacrés au financement de l’amortissement et des intérêts de la dette. Détenue quasi exclusivement par des investisseurs étrangers, elle est près de dix fois moins élevée que la dette générée par l’État et les collectivités locales.  La dette sociale est une aberration économique. Elle est générée par les déficits continus de l’Assurance maladie, des retraites ou encore des allocations familiales. Pour schématiser, une partie des soins prodigués aux Français ou des pensions versés aux retraités aujourd’hui risquent d’être payés par leurs enfants.
  2. Revoir la tarification des actes : Interdiction des dépassements d’honoraires dans les hôpitaux publics et suppression du secteur 2. Pourtant le budget des dépassements d’honoraires est un BUDGET INFÉRIEUR aux dépenses cosmétiques, au budget cadeaux ou aux dépenses pour les animaux de compagnie. Les complémentaires de santé remboursent les tickets modérateurs pour 22 milliards d’euros, alors que les dépassements d’honoraires ne représentent qu’une somme de 6,5 milliards d’euros, dont 2,5 milliards d’euros pour les médecins. Abrogation des franchises médicales, des tickets modérateurs et du forfait hospitalier et des mesures de déremboursement de médicaments et de soins. La ROSP est une prime annuelle « à points » : montant 5 à 8 000€ si les objectifs sont réalisés.
  3. L’accès aux soins pour les défavorisés. Le Tiers Payant Généralisé : Du temps perdu pour les médecins qui doivent vérifier sur Améli si le malade a régularisé ses droits, ce qui souvent n’est pas le cas. Sa généralisation est un non-sens par rapport à l’évolution logique de notre système de soins, car la gratuité entraîne la surconsommation. Pour les Pharmaciens otages du système, le coût est estimé à 20 000€ par officine. Les mutuelles : Elles sont omniprésentes derrière la lutte contre les dépassements d’honoraires. Elles sont en faveur des réseaux de soins et de la généralisation des complémentaires, car ce marché est juteux. La Couverture Maladie Universelle, crée en 1999 : Les abus et les trafics de toutes sortes vont pervertir un système déjà trop complexe et trop administré : « je paye donc j’ai droit »! L’AME : créée en 2000 par le gouvernement Jospin, l’Aide médicale d’État permet aux étrangers sans papiers qui résident en France d’être pris en charge à 100 % pour leurs frais hospitaliers et médicaux (tarif Sécurité sociale en secteur 1) sans avance de frais. C’est un budget de près d’un Milliard d’€.  L’ALD : Près de dix millions d’assurés sont concernés qui à eux seuls concentrent 65% des remboursements. Leur nombre ne cesse d’augmenter essentiellement par manque de prévention primaire, en particulier pour la pollution, la mal bouffe, l’alcool et le tabac.
  4. La prévention, la lutte contre le tabagisme et l’alcool, la pollution, les pesticides : Comment lutter contre l’indiscipline des pollueurs et les lobbies alors que nous sommes prisonniers des dogmes européens ?
  5. D’autres objectifs concernent les médicaments : obligation pour les praticiens de prescrire des médicaments génériques. Amélioration du système de vérification de la sécurité sanitaire des médicaments. (Indépendance totale de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé vis-à-vis des laboratoires pharmaceutiques.) Négociation du prix des médicaments avec les laboratoires. Promotion des médicaments génériques.
  6. Le curseur du panier de soins : après la polémique lancée par François Fillon sur « le petit risque et le gros risque », le débat sur le « panier de soins » et la répartition de sa prise en charge entre assurance-maladie obligatoire et complémentaires santé divise autant qu’il a stimulé les compétiteurs : Au moment où rebondit la question du reste à charge CETTE QUESTION RESTE DANS LE FLOU. Augmenter son contenu c’est augmenter soit le déficit de la Sécu soit le tarif des Ces derniers domaines sont politiquement sensibles car sources majeures d’apport d’impôts indirects pour l’Etat.
  7. La prévention : hypocrisie ! Le tabac, la pollution, les pesticides et l’alcool sont responsables de 100 000 à 150 000 morts par an en France. Ces assassins tuent dans quatre grands domaines : les cancers, les maladies de l’appareil cardio-vasculaire, les maladies de l’appareil respiratoire, les accidents de la route. À elles seules, elles coûtent des dizaines de milliards en dépenses de santé, mais y toucher entraînerait la révolution…à gauche !
  8. La reconnaissance du droit à l’euthanasie, s’appliquant selon des règles très rigoureuses et la dépénalisation du cannabis sont sérieusement proposées.

IV) Comment Benoit Hamon veut financer ces dépenses ?

  1. Lutter contre la fraude et les gabegies
  2. Augmenter la CSG
  3. Augmenter la part des mutuelles : Leurs recettes seraient actuellement de plus de 35Mds€/an. La mutualité française est un lobbying extrêmement puissant. Elle a même réussi à repousser la publication officielle de ses frais de gestion. Cette grande opacité dissimule ainsi le type de gouvernance et surtout de rémunération de ses directeurs. Ces mutuelles ont les charges d’administration de personnel et d’informatique les plus élevées de tous les assureurs, au point de représenter près de 20% des cotisations soit plus de 7Mds€. Les complémentaires santés OBLIGATOIRES pour les entreprises: le gouvernement a pris la décision de fiscaliser la part employeur de la cotisation. Cela va représenter un milliard d’impôts supplémentaires que devront acquitter les salariés. On paye très cher un contrat qui rembourse très mal les soins dentaires, l’optique ou les compléments d’honoraires. Aucun Français n’est capable de comprendre l’étendue des garanties proposées ni de comparer le coût de la complémentaire avec le montant réel des sommes remboursées. De plus, il est quasiment impossible de faire une comparaison des complémentaires santés entre elles faute de transparence.



Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 3 Mai 2017 - 20:45 libre de soigner et d'être soigné