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[Bonne nouvelle] Les trois vaccins obligatoires doivent être disponibles sans association avec d’autres


Rédigé le Mercredi 15 Février 2017 à 12:48 | Lu 79 commentaire(s)


Le Conseil d’Etat enjoint au ministère de la santé de prendre des mesures pour rendre disponibles les vaccins obligatoires contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.


La liste des vaccins obligatoires pourrait évoluer rapidement. En effet, un changement sera sans doute rendu nécessaire après la décision prise par le Conseil d’Etat, mercredi 8 février. Saisie de 2 300 requêtes de citoyens, la plus haute juridiction administrative française a enjoint au gouvernement de prendre des mesures pour rendre disponibles, d’ici six mois, des vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP), les seuls obligatoires pour les enfants de moins de 18 mois mais qui sont aujourd’hui introuvables sans être associés avec d’autres. L’Etat serait toutefois dispensé d’une telle mise sur le marché si « la loi évolue en élargissant le champ des vaccinations obligatoires ».
 

Le vaccin DTP avait été suspendu en 2008 en raison de « complications allergiques », et sa production n’a ensuite jamais redémarré. L’arrêt de sa commercialisation a donc obligé les parents à recourir à des vaccins combinés, principalement hexa­valents, protégeant également contre la coqueluche, l’hépatite B et l’Haemophilus influenzae de type b, un germe responsable des méningites. Ce vaccin, vendu en France par le laboratoire français Sanofi et le britannique GSK, est recommandé depuis 2002 et remboursé par l’Assurance-maladie depuis 2006.

Un objectif intenable

La ministre de la santé, Marisol Touraine, a annoncé mercredi 8 février qu’elle avait saisi les services du ministère de la santé et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) « pour que l’Etat puisse mettre en œuvre la décision du Conseil d’Etat dans le délai imparti ».
En dépit des différents moyens évoqués par le juge administratif pour « garantir » la disponibilité du DTP (sanctions contre les laboratoires, recours à la licence d’office, ou importation via l’Agence nationale de la santé publique), l’objectif assigné apparaît intenable à plusieurs experts. « Personne ne peut raisonnablement penser que l’Etat puisse de nouveau proposer en six mois ce vaccin qui n’existe plus et qui n’existe nulle part ailleurs », explique Daniel Floret, l’ancien président du Comité technique des vaccinations (CTV). « Il faudrait élaborer un nouveau vaccin, ce qui nécessiterait des essais cliniques, une autorisation de mise sur le marché, une nouvelle chaîne de production… », ajoute-t-il, estimant que ce vaccin n’était plus utilisé en 2008 que par seulement 2 % à 3 % des familles françaises.
Si les pouvoirs publics « envisageaient la production d’un nouveau vaccin DTP, il faudrait aux laboratoires une dizaine d’années pour le mettre au point », confirme une porte-parole de Sanofi. « La France est le seul pays à demander un vaccin pour immuniser contre les seuls DTP. Tous les pays européens font appel aux vaccins hexavalents ou pentavalents », ajoute-t-elle. Le groupe pharmaceutique, qui rappelle être un « partenaire de la santé publique », dit attendre « les conditions de mise en œuvre de la décision du Conseil d’Etat »
Lire la suite sur Le Monde 08/02/2017



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